| Jean-Baptiste Jeangène Vilmer | jb.jeangene.vilmer (at) aya.yale.edu |
1. Beaucoup d’experts trouvent les Français plus pessimistes que d’autres peuples, qu’en pensez-vous ?
Après avoir vécu de nombreuses années à l’étranger et voyagé sur les cinq continents, je confirme l’opinion commune – qui n’est donc pas qu’un cliché – selon laquelle les Français sont particulièrement pessimistes. Ils sont aussi plus râleurs et perpétuellement insatisfaits que les autres, et d’ailleurs perçus comme tels. Ce sont les défauts d’une qualité, l’esprit critique, et d’une habitude, la contestation.
2. Avez-vous une arme contre le pessimisme ?
Le problème des pessimistes est qu’ils ne réalisent pas toujours qu’ils le sont. Le meilleur moyen de lutter contre le pessimisme est donc de faire prendre conscience de son existence. Les Français seront moins pessimistes lorsqu’ils comprendront qu’ils le sont davantage que les autres, alors qu’ils n’ont pas forcément des raisons de l’être, au contraire. Voyager, vivre à l’étranger, permet à la fois de trouver de l’inspiration dans des environnements et des peuples plus dynamiques, mais aussi de comprendre que la France a un potentiel exceptionnel qui est malheureusement gâché par une très forte inertie.
3. Aujourd’hui, quels sont vos espoirs pour l’avenir ?
2012 est déjà l’espoir d’un changement.
4. Quels sont vos projets, votre actualité dans les mois qui viennent ?
J’enseigne les relations internationales au département de « War Studies » du King’s College de Londres, je publie un dossier sur les droits de l’homme au Turkménistan dans le mensuel d’Amnesty International (septembre), un nouveau livre sur le Turkménistan (octobre), deux autres sur l’éthique animale (janvier) et je m’échapperai deux semaines pour un photoreportage dans un désert africain.