Jean-Baptiste Jeangène Vilmer jb.jeangene.vilmer (at) aya.yale.edu

Articles

2012

"Les interventions militaires en débat 2/4 : L’intervention américaine en Irak (2003) ", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International France, février 2012, p. 22-23.

"Les interventions militaires en débat 1/4 : L’âge d’or de l’interventionnisme des années 1990 et l’intervention au Kosovo (1999)", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International France, janvier 2012, p. 22-23.

"La justice pénale internationale prise dans le dilemme de la paix et de la justice", Grotius International. Géopolitiques de l’humanitaire, janvier 2012 lire en ligne

"Un argument pragmatique contre l’usage de la violence", in David Chauvet et Enrique Utria (dir.), Jusqu’où défendre les animaux ?, Paris.

"Sade et la question pénale", L’Irascible, Revue de l’Institut Rhône-Alpes de Sciences Criminelles, 2, p. 127-152. lire en ligne

"L’éthique de la guerre", in R. Chung et J.-B. Jeangène Vilmer (dir.), Ethique des relations internationales. Problématiques contemporaines, Paris, PUF, 2012

"L’Afrique face à la justice pénale internationale : pas de paix sans justice ?", Journal des Africanistes, 2012

"Quand intervenir ? Le critère du dernier recours dans la théorie de l’intervention humanitaire", Raisons politiques, 2012

"Pourquoi intervenir ? Le critère de la cause juste dans la théorie de l’intervention humanitaire armée", Critique internationale, 54, janvier-mars 2012.

"Diversité de l’éthique animale", Journal international de bioéthique, 2012

"De la mythologie française du droit d’ingérence à la responsabilité de protéger : une clarification terminologique", Annuaire Français de Relations Internationales, 13, 2012

2011

""Le regard du politologue : au nom du moindre mal et de l’intime conviction"", Dossier "Quand la France doit-elle entrer en guerre ?", Alternatives Internationales, 53, décembre 2011, p. 54-55. lire en ligne

"Savoir s’en servir", in A Quoi sert le savoir ?, Paris, PUF, 2011, p. 171-173.

"Le contemporain n’existe pas", Pylône. Revue de philosophie, d’art et de littérature, 8, automne 2011, p. 100-101.

"Existe-t-il un "effet CNN" ? L’intervention militaire et les médias", Inaglobal. La revue des industries créatives et des médias lire en ligne

"Ingérence (humanitaire)", in Michela Marzano (dir.), Dictionnaire de la violence, Paris, PUF, 2011, p. 702-706.

"Sade ", in Michela Marzano (dir.), Dictionnaire de la violence, Paris, PUF, 2011, 1155-1160.

"Animal", in Michela Marzano (dir.), Dictionnaire de la violence, Paris, PUF, 2011, p. 48-52.

"Bombardements aériens", in Michela Marzano (dir.), Dictionnaire de la violence, Paris, PUF, 2011, p. 161-168.

"L’indéfini cartésien entre politique et langage", Revue philosophique de Louvain, 109:3, p. 443-460.

La distinction cartésienne entre infini et indéfini n’a-t-elle que des raisons métaphysiques ? Cet article explore les raisons politiques et langagières qui ont pu pousser Descartes à réserver l’infini (ce qui est positivement sans bornes) à Dieu seul et l’indéfini (ce dont on ne peut prouver les bornes) au monde physique et aux mathématiques. Il montre que cette fameuse distinction est en partie – mais pas exclusivement – politique, en réaction à la pression exercée par l’Ecole et l’Eglise, qui avait eu raison de Galilée quelques années plus tôt. Il en dévoile également les raisons langagières : la distinction est méthodologique et inspirée par l’usage des mots, pour conclure avec Lévinas sur l’importance du discours dans la présentation du transcendant – et par extension dans la philosophie cartésienne.

"The Ethics of Intervention – Human Rights, National Sovereignty and the Balance of Risk", Debate with prof. Malcolm Chalmers, Speakers’ Corner Trust, 2 août 2011 lire en ligne

"L’Afrique face à la justice pénale internationale", Le Monde, 12 juillet 2011 lire en ligne

"La vaine rhétorique de la défense "philosophique" de la corrida", L’Archicube. Revue de l’Association des anciens élèves et amis de l’École normale supérieure, 10, mai 2011, p. 209-213.

"Tuer l’ennemi public numéro 1, est-ce "rendre justice" ?", Le Monde, 14 mai 2011, p. 23. lire en ligne

"Libye : le faux problème du ’deux poids, deux mesures’", Rue89, 12 avril 2011 lire en ligne

"Quelle responsabilité de protéger ?", Ouest France, 11 avril 2011

"Ecarter le tyran pour protéger la population", Le Temps, 6 avril 2011 lire en ligne

"L’intervention en Libye : ni droit d’ingérence, ni désintéressement", Le Monde, 28 mars 2011 lire en ligne

"Libye : ni droit d’ingérence ni altruisme", Le Figaro, 26-27 mars 2011, p. 18.

"Corrida et argumentation : réfutations sophistiques", in J. Porcher et C. Perreira (dir.), Toréer sans la mort ?, Paris, Quae, 2011, p. 176-188. lire en ligne

"Les principaux courants en éthique animale", in J.-P. Engélibert, L. Campos, C. Coquio et G. Chapouthier (dir.), La Question animale. Entre science, littérature et philosophie, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, p. 79-92.

"Comment distinguer neutralité et impartialité ? Le cas du CICR", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International, n°294, avril 2011, p. 14.

"Défendre les droits humains, est-ce être impartial ?", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International, n°294, avril 2011, p. 11.

"Impartialité : de quoi s’agit-il ?", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International, n°294, avril 2011, p. 11.

"Régimes oppressifs : qu’en disent disent les médias ? (3/3)", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International, n°294, avril 2011, p. 20-21.

"Régimes oppressifs : la Chine est-elle une dictature ? (2/3)", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International, n°293, mars 2011, p. 22-23.

"Régimes oppressifs : de quoi parle-t-on ? (1/3)", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International, n°292, février 2011, p. 20-21.

"réponse à une recension de Sade moraliste", L’Irascible, Revue de l’Institut Rhône-Alpes de Sciences Criminelles, 1, "Les Lumières du pénal", avril 2011, p. 253-259. lire en ligne

2010

"La philosophie à l’épreuve de l’animal (éditorial)", Klēsis. Revue philosophique, 16, octobre 2010, p. 1-7. lire en ligne

"Descartes et les bornes de l’univers : l’indéfini physique", Philosophiques, 37:2, 2010, p. 299-323.

L’indéfini cartésien, qui désigne ce dont on ne peut prouver les bornes, s’applique à deux domaines : les mathématiques et la physique. Cet article examine son application au monde physique, en deux moments. D’abord, par l’examen de l’indéfinité de l’univers, où l’on montre que l’univers cartésien n’est ni fini ni infini, mais in-défini, à la fois selon l’espace (c’est la question de l’extensio mundi) et selon le temps (c’est la question de l’éternité du monde). Ensuite, par l’examen de l’indéfinité dans l’univers, qui pose le problème de la continuité, à la fois dans l’espace (c’est la question de l’indivisibilité de la matière, c’est-à-dire de l’existence des indivisibles, ou atomes) et dans le temps, où nous défendons une interprétation continuiste et aprioriste selon laquelle le temps cartésien est continu et cette continuité n’est jamais qu’un pour soi.

"Turkménistan contre Azerbaïdjan : les implications politiques et juridiques du différend autour des gisements de la Caspienne", Regard sur l’Est, dossier n° 55, septembre 2010 "Ressources énergétiques de la Caspienne" lire en ligne

"Turkménistan : la grande illusion", La Chronique. Mensuel d’Amnesty International, n°286, septembre 2010, p. 10-17. lire en ligne

Dossier Turkménistan avec trois articles : une introduction générale sur la situation des droits de l’homme, une enquête sur les prisons turkmènes et une analyse sur les conditions d’enquête au Turkménistan pour les ONG internationales, avec 13 photos.

"Les sophismes de la corrida", Libération, n°9113, 31 août 2010, p. 18. lire en ligne

"Recension du livre de Hugo Slim", Les civils dans la guerre. Identifier et casser les logiques de violence, Genève, Labor et Fides, 2009, pour le site internet du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (ROP), août 2010. lire en ligne

"L’éthique animale au défi de la diversité", Le Courrier (Suisse), 21 mai 2010, p. 4. lire en ligne

"La mythologie française du droit d’ingérence", Libération, n°9017, 11 mai 2010, p. 20. lire en ligne

"¿Hasta dónde ir en nuestras relaciones con las dictaduras ?", La Nación (Chili), 22 mars 2010 lire en ligne

"Jusqu’où aller dans nos relations avec les dictatures ?", Le Monde, 23 février 2010 lire en ligne

"Les sophismes de la corrida", Revue semestrielle de droit animalier, 2, 2010, p. 119-124. lire en ligne

"Le critère de la souffrance dans l’éthique animale anglo-saxonne ", in Jean-Luc Guichet (dir.), Douleur animale, douleur humaine : données scientifiques, perspectives anthropologiques, questions éthiques, Paris, Quae, 2010, p. 191-199.

"Sade antispéciste ? ", Cahiers antispécistes, 32, mars 2010, p. 65-82. lire en ligne

2009

"Animaux dans l’art contemporain : la question éthique", Jeu. Revue de théâtre, 130, mars 2009, p. 40-47.

"Le Darfour doit-il faire le deuil de la justice pour obtenir la paix ? ", Le Temps, 7 avril 2009 : tribune lire en ligne

"L’impossible indépendance de la télévision du Turkménistan indépendant", Le Temps des médias, 13, 2009, p. 86-104.

Le Turkménistan est une dictature d’Asie centrale dans laquelle il n’y a strictement aucune liberté de la presse. Cet article examine la construction de la télévision nationale depuis l’indépendance du pays, le contrôle, la censure et l’instrumentalisation du média, le contenu des programmes et son rôle dans l’édification d’un pouvoir sultanique, d’abord sous le président Niyazov (1991-2006), ensuite sous son successeur Berdymouhamedov (depuis 2007).

"Le paradoxe de l’infini cartésien ", Archives de philosophie, 72:3, 2009, p. 1-25.

L’idée de l’infini est, chez Descartes, fort paradoxale : elle est à la fois la plus claire et distincte et la plus incompréhensible que l’on puisse avoir. Le paradoxe atteint même sa positivité, puisque l’in-fini s’énonce négativement. Ce problème a occupé de nombreux contemporains, et aujourd’hui encore certains interprètes y voient une contradiction au plus profond de la pensée cartésienne. Cet article expose le paradoxe de l’infini cartésien, puis montre comment Descartes l’avait déjà résolu et comment la postérité s’en saisira.

English

The idea of the infinite is, for Descartes, very paradoxical: It is both the most clear and distinct, as well as the most incomprehensible idea that one can have. The paradox even reaches its positivity, for the in-finite is negatively formulated. Numerous authors were concerned by this issue during Descartes’ time, and even today, some still see it as a deep contradiction in his thought. This paper first exposes the paradox of the cartesian infinite, then shows how Descartes had already resolved it and how it will be understood by its posterity.


2008

"Recension du livre de Dominique Gaurier", Histoire du droit international : Auteurs, doctrine et développement de l’antiquité à l’aube de la période contemporaine, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, Revue Québécoise de Droit International, septembre 2008.

"La véritable nature de l’indéfini cartésien ", Revue de métaphysique et de morale, 2008-4, p. 501-513.

La distinction que Descartes opère entre infini et indéfini est bien connue et a été abondamment commentée. On se trompe souvent, pourtant, sur la véritable nature de cet indéfini. La plupart des interprètes, du XVIIe siècle à nos jours, le réduisent à un infini en son genre, dont le genre serait l’étendue, qualifié notamment d’infini « en extension », « spatial », « négatif », « potentiel », ou « quantitatif ». Allant à l’encontre d’une telle interprétation, cet article montre que l’indéfini cartésien n’est à proprement parler ni infini, pas même en son genre, ni fini, et que sa véritable nature est l’indétermination.

English

The distinction made by Descartes between the infinite and the indefinite is well-known and has spurred a great deal of commentary. We often err, however, concerning the true nature of the indefinite. The majority of interpreters, from the 17th Century until now, reduce the indefinite to the infinite in its kind, of which the kind would be extension, notably qualified as the infinite "in extension," as well as the "spatial," "negative," "potential," or "quantitative" infinite. Going against the grain of such an interpretation, this article shows that the Cartesian indefinite is not properly speaking either the infinite, or even the infinite in its kind, or the finite, and that its true nature is indetermination.


"Éthique et politique de l’intervention humanitaire armée", Critique internationale, 39, avril-juin 2008, 161-182.

L’intervention humanitaire armée, connue également par les concepts de « droit ou devoir d’ingérence » et de « responsabilité de protéger », est une intervention militaire en territoire étranger pour mettre fin à des violations graves et massives des droits de l’homme. Cette pratique étant définie selon son but, elle repose entièrement sur la « bonne intention » de l’Etat intervenant, sous-estimant du même coup le poids de la politique dans l’éthique de l’intervention. Dans quelle mesure l’Etat intervenant doit-il être désintéressé ? Le but de cet article est triple. Premièrement, proposer une critique réaliste du critère traditionnel de « bonne intention », donc abandonner l’exigence de désintéressement de l’Etat intervenant. Deuxièmement, examiner le cas irakien : peut-il être considéré comme une intervention humanitaire ? Troisièmement, reconstruire une éthique pragmatique et essentiellement conséquentialiste de l’intervention humanitaire, sans le critère de « bonne intention », et basée sur une double évaluation permettant d’éviter ou au moins de limiter l’usage prétextuel du label humanitaire.

English

Armed humanitarian intervention, also covered by the concepts of "right” or “duty to interfere" and "duty to protect," is a military intervention in foreign territory that aims to put a stop to serious and widespread human rights violations. This practice being defined according to its aim, in order to be humanitarian, armed intervention depends entirely on the "rightful intention" of the intervening state, a rationale that tends to underestimate the weight of politics in the ethics of intervention. But to what extent, and how far, should the intervening state be disinterested? This article sets out first of all to offer a realist critique of the traditional criterion of "rightful intention" and suggests that the "disinterested" requirement of the intervening state be discarded. It then examines the case of Iraq, wondering whether it can be considered as a humanitarian intervention. It goes on to reconstruct a pragmatic and essentially consequentialist ethic of humanitarian intervention without the "rightful intention" criterion, but based on a dual evaluation that would avoid or at least limit the use of the humanitarian label as a pretext


"La responsabilité de protéger et le débat sur la qualification de génocide au Darfour ", in La responsabilité de protéger, Actes du 41e colloque annuel de la Société Française pour le Droit International (SFDI), Paris, Pédone, 2008, 233-241.

Le but de cette présentation est d’analyser le rôle du débat sur la qualification de génocide relativement à la responsabilité de protéger qui s’impose en principe à la communauté internationale dans le cas du Darfour. Deux questions sont particulièrement populaires au sujet du Darfour. D’une part, savoir s’il s’agit d’un génocide. D’autre part, s’il faut intervenir et surtout comment. Le but de ma communication n’est pas d’approfondir chacune de ces questions, mais d’analyser la relation qu’elles entretiennent. Autrement dit, ce qui m’intéresse ici est le lien entre deux débats : celui sur la qualification de génocide et celui sur la responsabilité de protéger au Darfour. Dans quelle mesure la qualification de génocide est-elle pertinente à l’égard de la responsabilité de protéger dans le cas du Darfour ? Pour le savoir, je procéderai en deux parties, en examinant dans un premier temps le débat lui-même : les actes commis au Darfour peuvent-ils être qualifiés de génocide ? Et, dans un second temps, les conséquences d’une telle détermination : quelle est la pertinence et l’importance de la qualification de génocide relativement à la nécessité d’agir ?

"Descartes. L’infinitude de ma volonté, ou comment Dieu m’a fait à son image", Revue des sciences philosophiques et théologiques, 92:2, 2008, p. 287-312.

Il y a trois manifestations de l’infini chez Descartes : l’infinité de Dieu, l’infinitude de ma volonté et l’indéfinité du monde physique et mathématique. Cet article est consacré à l’infinitude de ma volonté, c’est-à-dire à la contribution de la philosophie pratique à l’idée de l’infini. En trois parties, nous verrons comment l’homme, partant d’une déception du fini, aspire naturellement vers l’infini et que cette volonté d’infini signifie volonté infinie, tellement intime à l’idée de l’infini qu’elle l’est ; comment, ensuite, ma volonté est infinie, notamment parce qu’elle est en porte les signes paradoxaux (positivité et incompréhensibilité) ; comment, enfin, l’infinitude de ma volonté est la marque que Dieu m’a fait à son image, et qu’il est important, par conséquent, de ne pas confondre l’infinité de Dieu et l’infinitude de ma volonté.

English

There are three manifestations of the infinite for Descartes: The infinity of God, the infinitude of my will and the indefinite character of both the physical and mathematical world. This article is dedicated to the infinitude of my will, which is to say to the contribution of practical philosophy to the idea of the infinite. In the first section, we examine how man, from a disillusioned stance as to the finite, naturally aspires towards the infinite, that will of infinite being so intimate to the idea of the infinite that it signifies, de facto, an infinite will. The second section shows next how my will is infinite, notably because it bears the paradoxical signs of my will, which are positivity and incomprehensibility. Finally, in the third section, the infinitude of my will appears as the mark that God gave me made in His image. This implies that one may not confound the infinity of God and the infinitude of my will.


"De la possibilité à l’existence : Kant critique de Leibniz", Dialogue. Revue canadienne de philosophie, 47:2, 2008, 1-24

Troisième et dernier volet d’une étude consacrée à la possibilité et l’existence chez Leibniz, cet article reconstruit en trois étapes l’évolution kantienne sur ces notions fondamentales, depuis la Nova dilucidatio (1755) jusqu’à la Kritik der reinen Vernunft (1781-7), en passant par le Beweisgrund (1763), afin, d’une part, de mettre en évidence ce que Kant doit directement à Leibniz et, d’autre part, de montrer comment et pourquoi seul le tournant critique a su arracher l’un à l’autre sur le chemin de la possibilité à l’existence, à travers une double rupture, à la fois épistémologique (le rôle de l’expérience) et ontologique (l’éclipse de Dieu).

English

This article offers a contribution to the study of Leibniz’s thought on possibility and existence based on a reconstruction of the evolution of Kant’s thought on these notions in Nova dilucidatio (1755), Beweisgrund (1763) and Kritik der reinen Vernunft (1781-1787). Its aim is to shed light on Kant’s debt to Leibniz and to show that only the critical turn could make them diverge on the question of the possibility of existence through a two-fold opposition on epistemology (the role of experience) and ontology (the eclipse of God).


"Argumentation cartésienne : logos, ethos, pathos", Revue philosophique de Louvain, 106:3, 2008, p. 459-494.

Partant de la distinction aristotélicienne entre les trois piliers de l’argumentation, logos, ethos et pathos, nous proposons une analyse de l’argumentation cartésienne, telle qu’elle se dévoile dans l’intégralité de son œuvre et de sa correspondance. Le logos cartésien est fondé sur deux distinctions, logique et dialectique, analyse et synthèse, et par l’insuffisance de la démonstration appelle la persuasion. L’ethos cartésien est socratique : il se dévoile dans une scénographie platonicienne, il consiste notamment en une critique de l’érudition et de nombreux indices rappellent l’attitude de Socrate. Le pathos cartésien révèle un soin à la fois prédiscursif et discursif de l’auditoire, une rhétorique émotionnelle qui vise à toucher les sentiments du lecteur, et un jeu de la polémique qui manie l’art de la flatterie et de l’insulte. La conclusion, qui met en évidence la nature et le rôle de l’argumentation cartésienne vis-à-vis de sa philosophie, pose également la question de la sincérité de l’auteur, avant de livrer quelques suggestions herméneutiques.

English

Starting with the Aristotelian distinction between the three pillars of argumentation, logos, ethos and pathos, we propose an analysis of Cartesian argumentation, as it unveils itself through the totality of his corpus and correspondence. Cartesian logos is based on two distinctions, logic and dialectics, analysis and synthesis, and a need for persuasion due to the insufficiency of demonstration. Cartesian ethos is socratic: it presents itself in a Platonist scene and notably consists in a critique of erudition and numerous clues indicative of the Socratic method. Cartesian pathos reveals a prediscurive and discursive care of the audience, an emotional rhetoric that aims to touch the sentiments of the reader and a sense of controversy that juggles the art of flattery and insult. The conclusion, which demonstrates the nature and the role of Cartesian argumentation in relationship to his philosophy, asks equally the question of the sincerity of the author before giving some hermeneutical suggestions.


2007

"Foie gras : pour un débat précis et rigoureux", Le Devoir, 26 juillet 2007 lire en ligne

"Darfour : quelle intervention ?", L’Information Agricole, 804, janvier-février 2007, p. 6 (édito)

"Le Darfour, le génocide, les médias et les intellectuels", Le Panoptique, 15, octobre 2007 lire en ligne

Le débat sur la qualification de génocide au Darfour a une dimension politique,juridique et médiatique. Il a lieu parce que l’on se persuade que la reconnaissance d’un génocide impliquerait l’obligation légale d’intervenir pour y mettre fin, ce qui est faux. Le rôle des intellectuels dans ce débat n’est pas satisfaisant. Il devrait être de démasquer l’amalgame terminologique, l’hyperbole sémantique et l’usage d’une rhétorique génocidaire dont le but est essentiellement de mobiliser les foules. Encore faudrait-il que les médias donnent leur place aux intellectuels spécifiques, entre les intellectuels universels et les experts.

"La prudence de Descartes face à la question de l’infini en mathématiques", Philosophiques, 34:2, 2007, p. 295-316. lire en ligne

La question de l’infini cartésien est vaste et polymorphe, de la métaphysique à la philosophie des sciences en passant par la philosophie pratique. Mais c’est en mathématiques que l’attitude de l’auteur est la plus ambivalente et paradoxale, car il n’y a pas, chez Descartes, d’infini en mathématiques. Le but de cet article est d’analyser les manifestations et les raisons de cette prudence cartésienne. Pour ce faire, nous procédons en deux temps. D’abord, nous constatons l’absence d’infini en mathématiques à travers l’examen de l’infinitésimal. Ensuite, nous montrons qu’il n’y a, dans les mathématiques cartésiennes, qu’un indéfini, en discutant l’existence et le statut du « plus grand nombre ». Ce parcours dévoilera les deux motifs de la prudence cartésienne : la contrainte métaphysique et la rigueur méthodologique.

English

The question of the Cartesian infinite is vast and polymorphic, from metaphysics to the philosophy of science and practical philosophy. But it is in mathematics that the attitude of the author is the most ambivalent and paradoxal because, for Descartes, there is no infinite in mathematics. This article aims to analyze the signs and the reasons of this cartesian prudence. We will proceed in two steps. Firstly, we notice the absence of the infinite in Cartesian mathematics through the examination of the infinitesimal. Secondly, we will demonstrate that there is, in Cartesian mathematics, only an indefinite, by discussing the existence and the status of the "biggest number." This examination will reveal the two motives of cartesian prudence: metaphysical constraint and methodological rigour.


"Humanitarian Intervention and Disinterestedness", Peace Review : A Journal of Social Justice, 19:2, 2007, p. 207-216.

The contemporary conception of humanitarian intervention is entirely based on what is usually called the “right intention” criterion, which is a requirement of disinterestedness or selflessness of the intervening state. From a realist perspective which cautiously presumes that states are never totally disinterested, the question is : How distinterested should the intervening State be ? The “hierarchy of motives” criterion presuming that the presence of egoistic motives would not be prejudicial as long as the humanitarian aspect stays the “primary goal” or the “overriding motive” is easy to refute. By the same token, multilateralism, consent of victims and consent of the region do not resist the reality of international relations. Therefore, the disinterestedness of the intervening State is a weak postulate which must be abandoned.

"Commentaire du Concordat de 1801 entre la France et le Saint-Siège", Revue d’Histoire Ecclésiastique, 102:1, 2007, p. 124-154. lire en ligne

Sur un sujet classique et maintes fois discuté, le Concordat de 1801 entre Bonaparte et Pie VII, nous nous livrons ici à l’exercice du commentaire de texte, afin de présenter de manière claire et synthétique les 17 articles qui ont ramené en France la paix religieuse à une époque troublée. En deux parties, nous montrons comment le Concordat est un habile compromis qui satisfait, d’une part, le culte et la République, en reconnaissant que la religion de « la grande majorité des Français » a droit à un culte libre et public dans une République à qui elle doit fidélité tandis que se pose la question de la profession de foi personnelle du souverain et, d’autre part, les personnes et les biens, en renouvelant l’épiscopat et le régime de la propriété ecclésiastique, par une nouvelle circonscription des diocèses, des démissions et des nominations massives, et en convaincant Rome de renoncer aux biens ecclésiastiques aliénés contre la fonctionnarisation du clergé.

English

We offer here a commentary on the text of the 1801 Concordate between Bonaparte and Pius VII, a classical and oft discussed subject. We seek a clear and synthetic presentation of the 17 articles that brought religious peace to France in a troubled time. In two parts, we will show why the Concordate is a dexterous compromise that, on the one hand, satisfied religion and the Republic by recognizing that the religion of « the vast majority of the French » has the right to free and public worship in a Republic to which it owes loyalty, while at the same time the question of the sovereign’s personal profession of faith arose. On the other hand, it responded to questions of persons and wealth by renewing the episcopate and the ecclesiastical property system, via a new circumscription of dioceses, massive demissions and nominations and by convincing Rome to renounce seized ecclesiastical wealth in exchange for the functionarization of the clergy.


"L’existence leibnizienne", Archives de philosophie, 70:1, 2007, 249-273. lire en ligne

Deuxième volet d’une étude consacrée à la possibilité et l’existence chez Leibniz, cet article tente de reconstruire la conception leibnizienne de l’existence, notion fondamentale qui soutient toute l’ontologie de l’auteur et qui n’est pourtant ni clairement définie ni systématisée. En trois parties, nous établissons que l’existence leibnizienne est bien un degré de possibilité, un ajout, un complément, mais elle n’ajoute rien de nouveau. Elle n’est pas une perfection, mais une relation comparative de perfections entre elles. Elle n’est pas un prédicat réel, mais un prédicat logique. Elle se définit comme ce qui est distinctement senti, ce qui plaît à un esprit tout en ne déplaisant pas à l’esprit le plus puissant, et ce qui est le plus harmonique. La conception leibnizienne de l’existence a plusieurs couches, et à de nombreux égards préfigure déjà la position kantienne.

English

Second part of a study dedicated to possibility and existence in the philosophy of Leibniz, this article attempts to reconstruct his conception of existence, a fundamental notion that supports the entirety of his ontology, which is nevertheless neither clearly defined, nor systematized. In three parts, we establish that Leibniz’s conception of existence is a degree of possibility, an addition, a complement, which does not, however, add anything new. Existence is not a perfection, but a comparative relation of perfections between themselves. It is not a real predicate, but a logical predicate, characterized as that which is distinctively felt, as that which pleases a mind without displeasing the most powerful mind, and as that which is the most harmonious. Leibniz’s conception of existence has several layers and already prefigures to many the position of Kant.


2006

"Sade : l’oeuvre et son contexte", La presse littéraire, Spécial Sade, hors-série 2, octobre-décembre 2006, p. 65-97

"De l’anti-animalisme primaire ", Le Devoir, 30 mars 2006, p. A7 lire en ligne

"Possibilité et existentiabilité chez Leibniz ", Revue philosophique de Louvain, 104:1, 2006, p. 23-45. lire en ligne

On sait que l’ontologie leibnizienne trace, pour ainsi dire, le plus court chemin de la possibilité à l’existence. On mesure moins que cette ligne est parcourue d’étapes dont la première, assurément, est l’existentiabilité des possibles. Cet article examine d’abord la conception leibnizienne de la possibilité, à travers cinq définitions. Il analyse ensuite la nature et le rôle de cette existentiabilité, dans ses rapports à la possibilité d’une part et à l’existence elle-même d’autre part, pour finalement conclure sur l’existentialisme d’un auteur dont on souligne habituellement l’essentialisme. De cette manière, possibilité et existentiabilité permettent de redécouvrir à nouveaux frais tout un pan de la pensée de Leibniz.

English

It is well-known that Leibniz’s ontology as it were traces the shortest path from possibility to existence. The fact is measured less that this line is covered by stages, the first of which is assuredly the existentiability of possibles. This article first examines Leibniz’s conception of possibility by means of five definitions. It then analyses the nature and role of this existentiability in its relations to possibility, on the one hand, and existence, on the other, and concludes finally with the existentialism of an author whose essentialism is usually emphasized. In this way possibility and existentiability make it possible to discover again a whole area of Leibniz’s thought (translated by J. Dudley).


"L’intervention humanitaire armée en Chine antique", Revue des deux mondes, janvier 2006, 152-173. lire en ligne

« (…) la lecture fort suggestive que propose M. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer sur la manière dont la Chine antique a théorisé le droit à la guerre. Pour les Machiavel chinois du IIIe siècle avant J.-C., faire la guerre, c’était la faire au tyran, en portant secours aux populations asservies. Une guerre humanitaire en quelque sorte, capable non seulement de légitimer le combat pour la victoire mais aussi l’exercice du pouvoir, une fois le tyran chassé. On voit par là comme nos sages confucéens eussent pu trouver un emploi de conseil auprès de M. Bush et de beaucoup d’autres responsables » (éditorial de Michel Crépu, p. 6).

"Lamartine et Pie IX : la France face à la question nationale italienne en 1846-1849", Revue historique de droit français et étranger, 84:1, 2006, 71-85

L’élection de Pie IX, en juin 1846, est une occasion donnée à l’Italie d’évaluer la solution néo-guelfe de l’unité sous l’égide du Saint-Siège, et la question nationale italienne qui agite alors la péninsule ne laisse pas la France indifférente. De l’autre côté des Alpes, Alphonse de Lamartine, attentif depuis toujours à tout ce qui touche l’Italie et la religion, acteur de la révolution de 1848, comprend aussitôt l’importance des événements italiens pour l’équilibre européen. Il prend position contre le néo-guelfisme et jouera, pendant deux ans, un rôle déterminant dans les relations franco-italiennes. Après avoir présenté la situation de l’Italie de 1846 à 1848 à travers le prisme de Pie IX, du mythe du « pape libéral » à celui de « pape traître », nous analysons les positions respectives de Lamartine et de la diplomatie française sur les affaires d’Italie. D’abord, Lamartine s’oppose à la politique étrangère de Guizot. Ensuite, pendant trois mois au pouvoir en 1848, il soutient la révolution italienne et dresse son « armée des Alpes ». Et, l’année suivante, il défend plus que jamais la République romaine et s’oppose au rétablissement du pouvoir temporel de la papauté.

2005

"Les sophismes du foie gras", L’Express, 15 décembre 2005, p. 104

2004

"Cogito, ergo sum : induction et déduction", Archives de philosophie, 67:1, 2004, p. 51-63 lire en ligne

Le « cogito, ergo sum » cartésien apparaît depuis quarante ans comme « inférence et performance » (J. Hintikka). Mais de quelle inférence s’agit-il précisément ? Pour le savoir, cet article poursuit deux objectifs : d’abord, montrer que la question pertinente à laquelle il s’agit de répondre ne concerne pas la relation logique interne qui lie le cogito au sum, et qui est une intuition, mais celle, externe, qui lie le « cogito, ergo sum » tout entier au « quicquid cogitat, est ». Ensuite, montrer que cette dernière relation est tout à la fois une induction et une déduction.

English

The cartesian “cogito, ergo sum” appears for forty years as “an Inference and a Performance” (J. Hintikka). But what kind of inference are we talking about? This paper works towards two ends : first, to point out that the real question about the inference in the cartesian cogito does not concern the internal logical relation between cogito and sum, which is an intuition, but the external one between « cogito, ergo sum » and « quicquid cogitat, est ». Then, to show that this relation is both an induction and a deduction.


"Lamartine : les deux vices du gouvernement temporel de la papauté dans l’article du 28 octobre 1847", Revue d’Histoire Ecclésiastique, 99:3-4, 2004, p. 627-657

En juin 1846, dans l’Italie divisée du Congrès de Vienne, l’élection de Pie IX donne au néo-guelfisme une occasion de poser à nouveaux frais la question de l’unité italienne. Le 28 octobre 1847, à la veille des révolutions romaine et parisienne, Alphonse de Lamartine, qui entretient avec la religion des rapports complexes et ambivalents, rejette alors la solution néo-guelfe et se justifie par une longue et intense critique du pouvoir temporel de la papauté. A travers l’analyse détaillée de la critique lamartinienne, et dans le cadre de l’histoire de la curie romaine depuis la victoire française en Italie jusqu’à l’avènement de Pie IX (1796-1846), nous examinons ce que Lamartine présente comme les deux vices du gouvernement pontifical : sa complexité et son instabilité, c’est-à-dire, en somme, les questions de sa nature et de la continuité de son pouvoir.

Deutsch

Im Juni 1846, Italien geteilt durch den Kongreß Wiens, gibt die Wahl von Pius IX dem neo-Guelfismus eine Gelegenheit, die Frage nach den Kosten der italienischen Einheit zu stellen. Am 28. Oktober 1847, kurz vor den römischen und Pariser Revolutionen, weist Alphonse de Lamartine, der komplizierte und ambivalente Beziehungen zur Religion hat, die neo-guelfistische Lösung zurück und rechtfertigt sich mit einer langen und starken Kritik an der zeitlichen Macht des Papsttums. Durch die ausführliche Analyse der Lamartinischen Kritik und im Rahmen der Geschichte der römischen Kurie seit dem französischen Sieg in Italien bis zur Thronbesteigung von Pius IX ( 1796-1846 ), prüfen wir, was Lamartine als die beiden Laster der päpstlichen Regierung darstellt : ihre Kompliziertheit und ihre Unbeständigkeit, das heißt insgesamt, die Fragen ihrer Natur und der Kontinuität ihrer Macht.


English

In June 1846, in an Italy divided by the Congress of Vienna, the election of Pius IX gives neo-Guelfists an opportunity to reconsider the question of Italian unity. In October 1847, on the eve of Roman and Parisian revolutions, Alphonse de Lamartine, who has complex and ambivalent relationships with religion, rejects the neo-Guelfist solution and justifies himself with a long and intense criticism of the temporel power of the papacy. Through the detailed analysis of Lamartinian criticism, and within the scope of the history of Roman Curia from the French victory in Italy to the accession of Pius IX (1796-1846), I examine what Lamartine presents as the two vices of the papal government: its complexity and its instability – that is to say, the questions of its nature and of the continuity of its power.


2003

"The Kantian thing-in-itself is nothing but a point of view : a critique of Searle’s external realism"

In The Construction of Social Reality, John Searle, arguing against Putnam, defends an external realism by leaning on the Kantian thing-in-itself doctrine. In so doing, he embodies a certain tendency of contemporary realist philosophers to twist the Kantian doctrine to their advantage. This paper aims to show that such a use is improper. We answer to Searle that, firstly, as Putnam claimed, the realist remains dependent on a “point of view from nowhere” and, secondly, the Kantian thing-in-itself is not an external “thing” but only a “point of view”. Therefore, using the Kantian thing-in-itself doctrine to support a realistic position is a grotesque misinterpretation.

2000

"Réalité, Vérité et Connaissance. Une alternative à la traditionnelle ‘Justified True Belief’, inspirée de la ‘Wirklichkeit’ du Manuscrit de 1942 de W. Heisenberg", De Philosophia, University of Ottawa, 16:1, 2000, p. 91-112.

De toutes les dichotomies historiques qui divisent la philosophie en différentes traditions protectionnistes, figure en bonne place – et au XXème siècle – celle qui oppose philosophie anglo-saxonne et philosophie continentale. Cet article tente de montrer comment certains des problèmes rencontrés par la traditionnelle épistémologie anglo-saxonne, construite sur la thèse standard qui définit la connaissance comme « Justified True Belief », peuvent être contournés si l’on redéfinit le Fait, la Vérité et, finalement, la Connaissance, à la lumière de la redéfinition de la Réalité opérée par W. Heisenberg dans le Manuscrit de 1942. Les trois parties que sont l’exposé de la thèse standard, sa critique et son alternative, auront ainsi deux enjeux : d’une part, inviter au dialogue entre traditions anglo-saxonne et continentale et, d’autre part, présenter un ouvrage d’Heisenberg relativement méconnu du monde anglo-saxon pour n’avoir pas encore été traduit en anglais.

English

Of all historical dichotomies dividing philosophy into different protectionist traditions, the opposition between Anglo-Saxon and Continental philosophy has featured prominently in the twentieth century. This paper attempts to show how some problems encountered by traditional Anglo-Saxon epistemology – based on the standard definition of knowledge as « Justified True Belief » - can be avoided if Fact, Truth and Knowledge are recast in the light of W. Heisenberg’s redefinition of Reality in his 1942 Manuscript. While consisting of three parts – exposition of the standard thesis, a refutation and an alternative – this attempt has two objectives : (i) to initiate a dialogue between the Anglo-Saxon and Continental traditions; and (ii) to present a work by Heisenberg which is relatively unrecognized in the Anglo-Saxon world, as it has not yet been translated into English.