Jean-Baptiste Jeangène Vilmer jb.jeangene.vilmer (at) aya.yale.edu

Collection sur les séries télévisées

Paris, PUF, depuis avril 2012

12€

Je dirige une nouvelle collection des PUF sur les séries télévisées, qui produit une dizaine de titres par an.

Les séries télévisées connaissent depuis quelques années un succès public et critique sans précédent. Façonnant des communautés de téléspectateurs, elles génèrent leur propre univers culturel et sont capables de charrier des valeurs exportables d’un continent à l’autre. Cette série d’ouvrages propose un décryptage des séries télévisées par les sciences humaines, en permettant à chaque auteur de porter un regard libre sur une série particulière.

Page Facebook (pour suivre l’actualité de la collection)

Présentation

Les séries télévisées sont à l’heure actuelle les programmes les plus regardés à la télévision et les plus téléchargés sur internet. 76 des 100 meilleures audiences de 2011 en France ont été réalisées par des séries (presque exclusivement américaines – The Mentalist, Dr House, Esprits criminels, Les Experts, Grey’s Anatomy – et une française, Doc Martin). Aux Etats-Unis, Les Experts réunissent environ 20 millions de téléspectateurs par épisode. Signe d’une culture mondialisée, une même série peut être diffusée simultanément dans plusieurs dizaines de pays (120 pour Walking Dead en novembre 2010). Et, sur internet, elles sont davantage piratées que le cinéma (3,6 millions de téléchargements par épisode de Dexter en 2011).

Leur montée en puissance, depuis quelques années, a bouleversé le paysage audiovisuel français. Une institution est même tombée en septembre 2006, lorsque le film du dimanche soir a été remplacé par une série, qui battait immédiatement des records d’audience.

D’abord sous estimées, voire dénigrées par la presse magazine culturelle, elles sont aujourd’hui encensées comme le nouveau cinéma. Les Cahiers du cinéma leur ouvrent ses colonnes, et leur consacrent même un numéro spécial ; Jean-Luc Godard se dit fan de Dr House ; les grandes écoles et les universités organisent des colloques sur Buffy contre les vampires ou 24 heures chrono, des séminaires sur The Wire ; elles suscitent des dizaines d’ouvrages et servent parfois de supports de cours dans les universités les plus prestigieuses. En quelques années, les séries télévisées ont acquis une véritable légitimité académique.

Comment expliquer un tel succès, autant populaire qu’intellectuel ? Par la durée, d’abord : alors qu’un film n’a que deux heures pour développer une relation avec le spectateur, la série télévisée qui dure deux, cinq ou dix ans, s’étale sur plusieurs dizaines ou centaines d’heures. Cette temporalité permet de s’attacher à des personnages qui, de saison en saison, font partie de notre vie et accompagnent notre quotidien : on vieillit avec eux, ce qui les rend à la fois plus proches et plus réels. Cette complicité peut même donner l’illusion d’une vie sociale à celui qui, enchaînant les épisodes, passe ses journées en leur compagnie. Diffusées au compte-goutte à la télévision, la série-feuilleton, dont chaque épisode se termine par un cliffhanger (une fin ouverte générant un suspense insoutenable), accroche le spectateur qui doit attendre pour voir la suite. Suscitant un manque, elle peut devenir addictive.

Parce que, contrairement aux films, elles ont le temps de le faire, les séries développent des univers d’une complexité finalement très proche de la vie « réelle ». Pour les mêmes raisons, elles s’appuient sur des contextes, véhiculent des idées, des valeurs et renvoient à des références qui relèvent de la philosophie, la sociologie, l’économie, les sciences politiques, etc.

Il faut mesurer l’importance de cette mutation, la prendre en compte et en rendre compte. A la fois accessible et exigeante, cette nouvelle collection propose un décryptage, par les sciences humaines, des séries télévisées. Il s’agit de donner aux publics de ces séries des pistes de compréhension et de réflexion afin de satisfaire leur curiosité de téléspectateur, de prolonger leur expérience télévisuelle. Comme en témoigne la nébuleuse de communautés qui se constituent et échangent des opinions ou des informations sur des forums de discussion et des réseaux sociaux, l’appétit est grand autour de ces fictions. Les séries télévisées parlent de la société, elles parlent de nous. L’objectif de cette collection est précisément de dire comment, à une époque avide de repères.

Recensions

Les PUF se lancent "dans une aventure éditoriale inédite. Forte d’un graphisme séduisant, de sommaires bien étoffés et de chercheurs-auteurs souvent trentenaires, biberonnés à Canal Jimmy ou à HBO, une collection flashante a déboulé sur le marché en avril dernier pour réunir à ce jour une dizaine d’études philosophiques et sociétales autour de Desperate Housewives, de Six Feet Under ou de Grey’s Anatomy. C’est le juriste et philosophe Jean- Baptiste Jeangène Vilmer qui eut cette idée fédératrice alors qu’il sortait tout juste d’une violente période d’addiction à 24 heures chrono. Et son projet arrive juste à point." (Trois couleurs. Magazine mensuel du groupe MK2, février 2013, p. 66-67).

"Le phénomène des séries télévisées, attesté par le succès de « 24heures Chrono », « Desperate Housewives », « Grey’s Anatomy »…, avec pour conséquence qu’elles ne sont plus seulement des produits de consommation culturels, mais aussi des terrains d’observation philosophique. Certains éditeurs ne s’y sont pas trompés. En témoigne l’excellente « Série sur les séries » des PUF, sous la direction de deux universitaires, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Claire Sécail." (Le Monde, 27-28 janvier 2013, p. 18).

"Sujet de conversation à la machine à café, objet de thèses et d’études, à l’image de la nouvelle collection des Puf, éditeur intello s’il en est, qui ausculte Les Experts ou Desperate Housewives avec la même exigence qu’un traité de Spinoza, les séries gagnent sur tous les tableaux. Branchées et populaires" (Marie France, novembre 2012, p. 61).

"Joli coup éditorial que cette nouvelle collection dédiée aux séries télévisées, décodées à travers le prisme des sciences humaines. De quoi rallier toutes les victimes consentantes de phénomènes d’addiction planétaire aux audiences vertigineuses ! (...) Eclairages pertinents et originalité d’analyse sont au rendez-vous de ces livres" (Sciences et avenir, 784, juin 2012, p. 102).

"Cette fois, c’est officiel : la France rattrape son retard éditorial en matière de séries. Après plusieurs dictionnaires, sommes et études parues l’année dernière, les PUF mettent à leur tour en avant ce “nouvel” objet. (...) La bonne idée ? Ne pas prendre en compte seulement les créations reconnues partout type Mad Men, mais envisager le genre dans son ensemble et donc à travers ses racines populaires" (Les Inrocks, 23 mai 2012).

des essais "à la fois érudits et digestes", "aussi exigeants que concis". "Un des intérêts de cette « Série des séries » c’est de produire de la pensée sur les programmes les plus encensés par la critique comme sur les plus populaires" (GQ Magazine, 30 avril 2012)

"Et voilà le nirvana, le graal, les vierges du paradis, ce que vous voulez, mais ce qu’on n’imaginait même pas sur notre canapé : une collection consacrée aux séries télé vient de voir le jour aux vénérables PUF, (...). Mais que lit-on dans cette nouvelle collection ? Des analyses très pointues, pleines de références, d’un haut niveau, mais très accessibles et plaisantes à lire. Alors, on peut un peu rigoler quand Descartes, Freud ou Roland Barthes cautionnent notre maudite addiction, mais chaque auteur a son prisme bien précis pour nous expliciter ce qui nous distrait tant, nous détourne, nous capte. Chaque auteur a son style, et aussi ses marottes, et apporte donc de véritables éclairages sur la société contemporaine, tout en déviant sur d’autres sujets" (Le Nouvel Observateur, 27 avril 2012)

"C’est la série des séries. La sérieuse maison d’édition des Presses universitaires de France (PUF), profite à son tour de l’engouement des Français pour les séries télévisées et leur consacre trois ouvrages qui paraîtront le 18 avril. Des spécialistes en sciences sociales ont passé à la loupe Les Experts, Desperate Housewives ou encore The Practice. (...) La parution de ces livres est en quelque sorte la consécration de ce phénomène reconnu comme un vrai outil pédagogique par de nombreux philosophes." (Le Monde, 19 avril 2012, p. 2)

"Quand un professeur de l’enseignement supérieur, un psychanalyste, une historienne des médias, un docteur en sciences de l’information, un philosophe et un juriste se penchent sur les séries télévisées, cela donne une collection de petits livres chez PUF dont l’ambition est de décrypter le genre le plus regardé ces dernières années." (Le Monde Radio Télévision, 19-25 mars 2012)

Titres

Virginie Marcucci, Desperate Housewives : un plaisir coupable, PUF, avril 2012 Gérard Wajcman, Les Experts : la police des morts, PUF, avril 2012.
Nathalie Perreur, The Practice : la justice à la barre, PUF, avril 2012. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, 24 heures chrono : le choix du mal, PUF, août 2012.
Tristan Garcia, Six Feet Under : nos vies sans destin, PUF, septembre 2012. Laurent Jullier et Barbara Laborde, Grey’s Anatomy : du cœur au care , PUF, octobre 2012.
Sarah Hatchuel, Lost : fiction vitale, PUF, janvier 2013 Jean-Yves Le Naour, Plus belle la vie : la boîte à histoires, PUF, février 2013
Renaud du Peloux, Sons of Anarchy : la guerre perpétuelle, PUF, mars 2013 Pierre Sérisier, Le Prisonnier : sommes-nous tous des numéros ?, PUF, avril 2013
Marjolaine Boutet, Cold Case : la mélodie du passé, PUF, mai 2013

A venir :

Yann Le Bohec, Rome
Clotilde Leguil, In Treatment
Daniel Weinstock, Mad Men
Barbara Villez, Law and Order
Claire Sécail, The Shield
Sandra Laugier, The Wire
Jean-Loup Rivière, Oz
Philippe Corcuff et Lison Fleury, The Killing